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le livre noir des quatrièmes de couverture
le livre noir de l’époque la plus conne de tous les temps
le livre noir des cantines de collège
le livre noir de l’acidité gastrique
le livre noir de la littérature blanche
le livre noir de la matière grise
le livre noir de l’agriculture biologique
le livre noir du vin naturel
le livre noir des ourlets des pantalons
le livre noir de la mort
le livre noir des gestes barrières
le livre noir de la distanciation sociale
le livre noir de la rentrée scolaire
le livre noir de l’angoisse
le livre noir de la petite voix dans ta tête
le livre noir de l’enfance heureuse
le livre noir des concours de la fonction publique
le livre noir du développement personnel
le livre noir du moi est haïssable
le livre noir du mois d’août
le livre noir du col roulé
le livre noir des gens ivres qui sortent la guitare et chantent Amsterdam et ça sent la morue jusque dans le cœur des frites
le livre noir du pervers narcissique
le livre noir de la victime du pervers narcissique
le livre noir du premier baiser
le livre noir de la double vie
le livre noir du langage
le livre noir de la phénoménologie
le livre noir de la moustache asymétrique
le livre noir du pet du vagin
le livre noir de la variété française
le livre noir de la congestion abdominale
le livre noir du régime sans gluten
le livre noir du chant lyrique
le livre noir de la formation professionnalisante
le livre noir des raccourcis en forêt
le livre noir de la joie
le livre noir de l’éternel retour
le livre noir des fake news
le livre noir du travail de toute une vie
le livre noir du selfie
le livre noir du teaser
le livre noir du mot compte triple
le livre noir du féminisme radical libertaire égalitaire
le livre noir du bon sens
le livre noir de la punch-line
le livre noir du seul en scène
le livre noir du coiffeur est au paysagiste ce que l’architecte est au visagiste
le livre noir de la conscience aigue de la mort
le livre noir du profitage de chaque instant
le livre noir du aller à l’essentiel
le livre noir du je fais ce que je peux
le livre noir de la joie de vivre
le livre noir de ce qui ne peut pas ne pas être
le livre noir des trous noirs
le livre noir de la vie adulte
le livre noir de la routine matinale
le livre noir du streaming
le livre noir de la période dans laquelle on vit
le livre noir du choc pétrolier
le livre noir du je joue de la guitare mais en amateur
le livre noir des livres cultes
le livre noir de ce qui ne tue pas rend plus fort
le livre noir des grandes familles aristocrates
le livre noir de la taille du bonzaï
le livre noir de la vie d’avant la crise du corona virus
le livre noir de la poterie
le livre noir du selfie trois quart yeux plissés bouche cul de poule
le livre noir de la bioéthique
le livre noir du conspirationnisme
le livre noir des thérapies comportementales
le livre noir des péages auto-routiers
le livre noir de l’anti-cernes
le livre noir de l’onglerie
le livre noir de la boutique de vaporeuses
le livre noir de la to-do-liste
le livre noir du couvercle de tupperware
le livre noir de l’éjaculation précoce
le livre noir de la garderie d’enfants
le livre noir des gens qui auraient voulu être un artiste pour pouvoir faire mon numéro
le livre noir de la pâtisserie sans œufs
le livre noir du numéro de claquettes
le livre noir de l’accordéon
le livre noir des pages jaunes
le livre noir du post facebook sans like
le livre noir des huiles essentielles
le livre noir des jeux de société
le livre noir de la fête des mères
le livre noir du gommage de peau
le livre noir de la collapsologie
le livre noir de l’édition jeunesse
le livre noir de la musique concrète
le livre noir du face-sitting
le livre noir de la menuiserie
le livre noir des cultes Maya
le livre noir du tatouage tribal
le livre noir de la SCOOP
le livre noir des mutuelles
le livre noir de la Normandie
le livre noir du le 11 septembre c’est les services secrets américains
le livre noir de l’arbitrage video au rugby
le livre noir du folio essai
le livre noir du fish and chips dans un papier journal
le lire noir du sushi californien
le livre noir de la sauce blanche
le livre noir de la caisse de chat
le livre noir du rangement de bibliothèque par ordre alphabétique
le livre noir du club libertin
le livre noir du club cycliste
le livre noir du meilleur ami de l’homme
le livre noir de pierrot le fou
le livre noir du rouge et le noir
le livre noir de la vie est une vallée de larmes
le livre noir de tous les garçons et les filles de mon âge
le livre noir de la poésie lyrique
le livre noir de l’engagement politique aux côtés des plus démunis
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L'idée n'a pas de vie.
L'idée n'a pas de vie à vivre. N'a pas à se développer.
À persévérer non.
L’idée est de s'écrouler.
C’est son mouvement.
S’écrouler le plus vite possible.
Et sans faire d’histoire.
Voilà.
Les femmes les hommes les enfants oui font des histoires.
Les animaux aussi plein.
Et les continents qui dérivent et les montagnes qui s’effritent et le temps qui racle l’espace jusqu’au galet oui.
Tout ça fait des histoires.
Plein.
Des histoires astronomiques.
Et astronomiquement historiques mais.
L'idée.
Non l’idée n’a rien à faire.
Rien à former.
L’idée est de s’écrouler.
Immédiatement s’écrouler.
À peine arrivée pointer son nez s’écrouler.
Le suicide de l’idée.
Qu’elle ait l’idée de son suicide à peine née.
C’est son action.
Son mouvement.
Son œuvre.
C’est à dire trois.
Quatre.
Allez quatre secondes.
Quatre secondes d’existence et baste.
Plus d’idée.
Si l’idée dans les trois quatre premières secondes de sa naissance n'est pas passée.
Dans un acte.
Dans un geste.
Un objet qui roule.
Dans un jeu.
Un trajet.
Une nervosité.
Franchement ce n’est pas la peine.
De la retenir.
De la sauver.
Et tu peux.
Tu dois.
La tuer.
Sinon elle va durer.
Et tout le monde va parler l’idée.
Et tout le monde va vivre l’idée.
Et elle va se former malheur.
Et s’éterniser.
Et monter dans les cerveaux.
Et s’installer malheur dans les cerveaux.
Et tout va devenir con.
Et tout le monde va devenir mortellement con.
Et mort à un point culminant de connerie.
Non il faut qu’elle passe.
Qu’elle meure.
Elle a eu ses quatre secondes.
Et maintenant elle passe en gestes.
En paroles.
En images.
En trouvailles.
En objets qui roulent.
En roue.
En roue changée de vélo crevé.
On l’a changée il repart il roule.
Le vélo roule.
Sans idée aucune de son roulement.
Sans temps propre.
Mort.
Trois quatre allez cinq secondes.
Et voilà l’idée est morte.
Morte en un geste.
En une parole.
En une image.
Même pas.
Pas même une parole.
Juste une image.
Ils se voient.
L'image c'est eux.
Ils sont dans un bar.
C'est tout.
Ils se voient sans l'idée de se voir.
Sans l'idée de s'être vu.
Sans se connaître.
Trop tard le vélo roule.
En gestes dans un bar.
En boisson bue.
En peau touchée.
En baiser donné.
En baiser rendu.
À la seconde.
À la même seconde.
La même troisième quatrième seconde.
En marche la nuit.
Le bar fermé le vélo roule.
En gestes dans la rue.
En cherchage de bières.
En recharge.
En buvant en marchant.
En baiser donné rendu.
En marchant contre l’autre.
En se soutenant.
Se soutenir l’un l’autre contre l’autre bourré.
Avec dans les bras la recharge de bière.
En route vers le studio.
Pour se baiser.
Dans la nuit qui tourne.
En se disant à l'oreille des secrets bourrés.
En baiser rendu donné la peau à peine touchée.
En marchant en se soutenant dans la nuit qui tourne.
La recharge de bière dans les bras.
En trouvaille de chaise dans la poubelle.
Encore stable.
En marchant avec les bières d'une main.
De l'autre la chaise trouvée dans la poubelle.
En équilibre.
Au studio.
En se donnant aux yeux des images secrètes.
En marchant.
En se baisant.
Arrivé au studio.
En se baisant avec la chaise trouvée.
Posée à côté du matelas.
Dans le studio.
La chaise posée à côté du matelas.
En soutenant l’autre en baisant l’un.
À la seconde.
Sur le matelas.
À la même seconde.
En cloque.
Le lendemain à la seconde en cloque.
Imprévu.
En cloque d’un cloquage imprévu.
D’un cloquage à la seconde.
Venu dans la baise et invoulu dans la baise et imprévu.
Montée d'une cloque invisible de l’après baise.
Le lendemain.
De l’amour le lendemain.
Mort.
Du suicide de l’idée.
Du suicide le lendemain de l’idée de l’amour.
Il n’est plus là maintenant il est mort.
Trois puis quatre secondes.
Quatre secondes d’existence puis baste.
Il est mort.
Plus de garçon.
Seule la présence.
La présence seule en bénédiction.
En bénédiction de fœtus non prémédité.
En construction.
En destruction.
En feu.
En mise en feu du matelas enfoutré.
Dans la rue.
Directement dans la rue.
Le lendemain.
Mise en feu du matelas avec la chaise trouvée la veille dans la rue.
Les deux ensemble dans la rue.
Dans le feu.
Le grand feu.
Brulage du matelas où l’on a baisé avec un mort.
La veille.
Dans le studio.
A côté d'une chaise encore stable.
Trouvée dans la poubelle.
Un matelas foutré par un mort.
Et qui brûle.
Un fœtus conçu sur un matelas brulé.
En retour.
En retour seule au studio avec la cloque.
En trouvaille de chaise dans une poubelle.
Une autre.
Encore stable.
Une autre chaise.
Une chaise d’enfant.
La cloque se lève.
En levée d’enfant seule.
En levée d’enfant dans la seule lumineuse solitude.
Avec dans la main la chaise d'enfant.
Avec dans l'autre main rien.
En équilibre.
En marchant en retour vers le studio.
En aboyant dans sa gamelle de chienne le langage des hommes.
En disant homme pour femme et femme pour homme même sac.
Et chien et femme et homme enfant même sac.
Même mot.
En fouillant dans le sac de bouffe de fin de marché.
Pour vivre.
Sans idée de vivre.
En levée seule.
En levée seule d'enfant seul.
L'enfant qui élèvera l’absence d'idée.
En levée seule d’enfant seul.
L’enfant qui suicidera la mort de l’idée.
En levée seule d’enfant seul.
En levée d’enfant dans la seule absence d’idée.
En levée d’enfant dans la seule pure stricte lumineuse solitude.
En levée d’enfant dans la seule pure lumineuse solitude qui brûle.
En levée d'enfant dans la seule brulante stricte absence d'argent.
En levée d'enfant dans la seule stricte présence de la gamelle du langage.
La seule présente gamelle où manger.
En levée d'enfant dans le seul mot enfant.
Dans le seul mot vélo dans le seul mot présence dans le seul mot monde.
Dans ce monde.
En levée d'enfant dans le ce de ce monde.
Le mot vélo roule.
La roue morte remplacée voilà le vélo qui roule.
Il roule quatre secondes.
Sans idée de son roulement.
Et il continue.
Il continue mort de rouler.
C'est son action.
Son mouvement.
Son œuvre.
Il continue mort de rouler avec.
Le bagage à l’arrière.
Avec l’enfant sur le bagage à l’arrière.
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J'aime beaucoup ce que vous faites. Ça m'a tout de suite sauté à la gueule. C'est très fort, très déstabilisant. On se le prend dans le plexus. Puis ça tourne encore longtemps dans le plexus. C'est un cognement qui vient au plexus et qui s'installe. Et qui fore. Vous devez être quelqu'un de très angoissé. Je l'ai vu tout de suite. Je l'ai vu suinter de vos images, l'angoisse, elle est là. Mais aussi vous devez savoir la dompter parce qu'il y a une maîtrise, une mise à distance, un cadrage au millimètre qui n'est pas qu'un savoir-faire, non, qui n'est pas qu'un truc de professionnel de l'image, non, mais qui est une empathie pure. Vos images ne viennent pas du monde mais d'un lieu derrière le monde, un lieu fantôme. Ce sont les images qui viennent vers vous, elles vous ont élu. Ça je l'ai senti. Vous faites du zazen, non ? Ha bon. Et puis vous parlez peu. C'est un don, le silence. Je vous imagine parler à la lumière. Vous vivez seul. À la campagne. Ha bon. Regardez-vous dans une glace : il n'y a aucune imposture en vous, c'est rare. Tout le monde a quelque part en lui un imposteur mais pas vous, et c'est rare. Votre cerveau est ouvert sur une mémoire plus ample que la vôtre. Vos gestes prouvent quelque chose. Vous avez des gestes trop élancés, plus amples que nécessaires. Votre main va chercher plus loin que votre verre, je l'ai vu, elle cherche quelque chose au-delà. Il y a une habitation en vous. Vous débordez de l'emplacement qui vous est réservé. Il y a un fantôme, me semble-t-il. Un être en vous qui vous meut et vous déplace. D'une façon puissante. D'une façon bouleversante. Je le vois dans vos gestes, dans votre silence. Je peux vous aider. Je vois les choses. Je sais ce qui se passe. En regardant les gens dans leur corps, dans leurs gestes, je vois ce qui se passe en eux et qu'ils ne peuvent pas savoir. Non, je ne suis pas médium. Non, je n'ai pas de dons. C'est de l'observation. C'est une sensation qui coule dans mon observation et me donne une connaissance, une connaissance des gens. Ça paraît obscur mais rien n'est plus simple. Je suis quelqu'un de concentré, ça aide pour ce que je fais. Je suis concentrée sur l'espace qui m'entoure, vingt-quatre heures sur vingt-quatre je suis concentrée sur l'espace autour de moi, et si quelqu'un entre dans mon espace d'observation, il passe avec sa connaissance. Lui ne se la sent pas porter mais moi oui, je sens la connaissance qu'il porte dans ses gestes. Je n'ai pas besoin de l'écouter, il n'a rien besoin de dire, la connaissance me vient dans les yeux, dans l'observation seule. À vous voir m'écouter, je crois que vous me comprenez, n'est-ce pas. Ça, c'est ma carte, vous pouvez me téléphoner. Nous pourrions nous voir, je consulte. Non, c'est sans parole, vous n'avez rien besoin de me raconter. Je vous regarde et je traduis ce que je vois, en direct devant vous. Oui, c'est moi qui parle uniquement. Non, ce n'est pas cher. Et puis j'ai des tarifs dégressifs. Et puis, quand ce que je vois me plaît, je parle beaucoup et ça me fait du bien, et à ce moment-là c'est moi qui vous paye. Vous voyez, vous ne perdez rien à m'appeler.
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Putes, camps, aire de vidange sauvage au bord de l'autoroute. L'écriture avale le monde qui vomit. Mais elle reste inodore. C'est son miracle propre. Le temps autophage défait le temps. La masse est nue. Le sexe est ciel. Remplace le ciel par un sexe puis le sexe par une rotule. Tu verras, rien ne change et tout fonctionne encore. C'est le langage qui a construit la machine. Mais l'écriture peut détruire la machine et tout ce qui lui est serf. Seule l'écriture peut détruire le langage. Putes, camps, aire de vidange sauvage au milieu de l'autoroute.
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Par ennui du sexe les Dieux, un jour, ont inventé l'amour.
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Douze choses que j’aime
j’aime une phrase quand elle ne fait que dire
j’aime un roman où le héros est mort au début
j’aime une pièce de théâtre où l’acteur meurt sur scène, d’une longue et douloureuse maladie
j’aime un match de tennis où les joueurs à la fin, au filet, se donnent leurs numéros de téléphone
j’aime un film où à la fin les personnages se brossent les dents et vont se coucher
j’aime simuler un orgasme chez le dentiste
j’aime un match de foot où chaque joueur a un maillot différent
j’aime faire l’amour chacun dans son sac de couchage
j’aime un repas où chaque aliment a encore ses cheveux
j’aime faire un chèque aux animaux errants
j’aime crucifier mon mari sur notre antenne parabolique
j’aime une phrase qui ne dit pas deux choses
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Je n’accorde aucun crédit au langage. Je ne crois pas au principe de la réalité. Je nie la sexualité, la concupiscence et je célibate chacun de mes gestes et chacune de mes phrases. Je garde le corps à corps amoureux pour l’instant de ma mort. Je ne cris à aucune croyance je ne veux aucun vouloir et je joue avec mon désir à désirer un coup le mettre à distance un autre le renverser un troisième lui tourner le dos. Je ne parle aucune parole et vise sciemment à côté. Je ne parle pas allemand mais ne veux pas aller jouer à cache-cache avec heidegger dans la forêt noire ni rejoindre berhnard dans sa tour d’ivoire en plastique, alors. Je ne nage ni la brasse coulée ni le crawl dorsal. Pour ce qui est du vélo il me déplait d’en posséder un et je n’en possède pas ni, des baskets sportives en tout genre. Je suis poli et amène, suis identifié à un numéro de sécurité sociale mais je ne le connais pas par cœur, nom nom si, et je garde longtemps en mémoire des histoires que j’attrape dans des livres. Ma thyroïde est morte et je la remplace chaque matin par un cachet d’hormones, aussi elle vit un peu quand même en moi, en pièce jointe de l’email de mon corps. Certains ont une voix et mal réglée volumineusement, certains ont un renard dans la gorge et moi rien. J’essaie toujours de faire en sorte qu’en général moi non. Je connais quelqu’un qui envoie des lettres de candidatures spontanées. Parfois le destinataire répond mais toute spontanéité est perdue. La vie est assez peu spontanée, même si chaque seconde chacun improvise son existence, mais c’est une autre question. Dès qu’on aborde un problème il y a toujours une autre question. Dès que le soleil se lève on passe déjà à la seconde qui suit et on a oublié ses lunettes de soleil. On s’ennuie puis on s’endort.
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ça c’est ton soleil ça c’est son soleil à lui ça c’est mon soleil ça fait trois soleils
ça c’est toi ça c’est lui ça c’est moi
ça c’est nous de dos on entre dans la rivière elle est froide
ça c’est la rivière
dans le ciel au-dessus c’est nos soleils le tien le sien chacun le nôtre
ça c’est le poème
ça c’est quelqu’un qui passe un promeneur on ne le connait pas
le poème se fait tout seul personne ne l’écrit il passe
on vit le moment puis la scène est passée sous les trois soleils
quand la scène est passée on peut dire voilà c’est fait
c’était le poème
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Hier pour faire grève contre l’homme je suis allé en Grèce à cheval et je suis revenu de Grèce sans cheval car j’ai vendu mon cheval en Grèce. À un Grec. Aujourd’hui il y a un Grec quelque part qui a mon cheval. Et moi je n’ai plus que mes jambes pour courir. Et plus que mes naseaux pour fumer l’air du matin. Mes jambes aiment ça. Ma bouche parle comme hennit un cheval et elle aime ça. Dès qu’on laisse une chose en Grèce on revient plus fort en France. Parce qu’on la porte en soi. Et on est plus beau et on aime ça. J’irai vendre mes vêtements en Hongrie à un Hongrois et je reviendrai plus nu et plus beau qu’un cheval grec. Et je pisserai dans la rue sans avoir à me déculotter et les passants aimeront ça. Nietzsche aimera ça et les passants applaudiront. Et ils partiront chacun de leur côté vendre leur femme et vendre leur mari et vendre leur téléphone en Pologne et en Italie et en Roumanie. Et quand ils reviendront je les mettrai tous sur une place et je leur hurlerai dans les oreilles au mégaphone que j’aime ça.
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Une encombre dans le cœur et un nœud dans le sexe, l'un vient de l'autre : le nœud vient de l'encombre et l'encombre du nœud. Il faut repérer la cause et agir sur la cause, avec un couteau.
Un
sablier dans le poumon et un sabre dans le dos, l'un vient de l'autre :
le sabre traverse le dos et s'effrite en sable dans le poumon. Il faut
repérer la cause et agir sur la cause avec du feu, un grand brasier.
Une
boule de laine dans la gorge et un nodule de cancer dans l'estomac,
l'un vient de l'autre : il faut repérer la cause et agir sur la cause
avec de l'eau, tout noyer.
Un
couteau coupe un nœud il agit. Le feu brûle un sabre il agit. L'eau
imbibe la laine elle agit. Elle repère puis elle agit. L'action
le-couteau-coupe l'action le-feu-brûle l'action l'eau-imbibe, c'est la
loi.
Une
encombre dans le sexe gonfle. Un nœud dans le cœur crispe. Un sablier
dans le dos coule. C'est normal. Un sabre dans le poumon fend. Une boule
de laine dans l'estomac chatouille, un nodule de cancer dans la gorge
gratte. C'est normal c'est la loi.
Une
encombre dans le dos et un nœud dans le poumon, un sablier dans le sexe
et un sabre dans le cœur, une boule de laine dans l'eau et un nodule de
cancer dans le feu, il y en a.
Une
encombre dans le sable, une encombre dans le poumon et dans le dos,
dans la gorge, dans l'estomac, une encombre de loi. Une boule un nœud ça
va, une boule c'est trop tard mais un nœud c'est facile à défaire avec
un couteau, avec du feu. Avec de l'eau c'est plus dur. Un nœud dans le
feu éclate, dans le sable disparait, dans l'eau coule. Noyer le nœud
dans la cause du nœud c'est facile mais ça sert à rien contre le cancer,
contre la laine, le nodule.
Ce que le couteau ne coupe pas est brûlé, ce que le feu ne brûle pas est noyé, ce que l'eau ne noie pas est avalé. C'est la loi.
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Six phrases
1 la pensée n’est pas une discipline
2 il y a une petite nuque entre les yeux
3 la flaque n’a pas conscience de ses bords
4 j’ai vu une femme devant sa maison mélanger de la pluie dans une bassine avec la main
5 et je pense donc je suis
6 sont six phrases
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